LE BLASON

 

"Ecartelé de sinople et d'azur à la croix de gueule bordée d'argent, cantonnée au un d'une gerbe de blé d'or liée de même au deux d'une fleur de lys d'argent au trois d'un léopard de même, au quatre d'une roue dentée à six branches d'or, brochant le tout. L'Ecu est timbré d'une couronne murale à trois tours d'or, ouverte, ajourée et maçonnée de sable."
Ornement : des lauriers fruités d'or à dextre, des feuilles de chêne glandées d'or.

 

Les armoiries de la commune racontent l'histoire de la ville à travers les ans

  • La croix de gueule bordée d'argent représente l'église de Bornel inscrite sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
  • La gerbe de blé sinople représentatif de verdure rappelle l'origine du nom "Bordonellum" étant "la petite ferme".
  • La fleur de lys d'argent évoque l'attachement de la région au royaume de France et actuellement de la Picardie.
  • Le léopard d'argent rappelle les faits d'armes sur le territoire de la commune au lieu dit "le Bois des Anglais" pendant la guerre de 100 Ans.
  • La roue dentée à 6 branches d'or s'explique par le fait qu'il y avait 6 moulins à Bornel : le moulin de la Chocolaterie, le moulin Fétu, le moulin du Paradis, le moulin du Pont Croquet, le moulin du village et le moulin de l'Enfer. La roue dentée rappelle également les mécanismes d'entraînement des machines des usines. Un pignon d'entraînement est visible dans le hall de la mairie, un autre est en plein air à l'entrée de l'usine CLAL-MSX. Cette dernière roue pèse 20 tonnes alors que celle à l'intérieur de la mairie n'en fait que 12. Elles viennent toutes deux d'une usine qui était en centre ville et qui fut démolie.
  •  La couleur argent symbolise l'orfèvrerie, une industrie qui fut florissante à Bornel. (usine SFAM).
  •  La couronne à 3 tours : Bornel dépendait de 3 fiefs : le fief d'Outreville, le fief de la Beville et le fief de la Capelle.


Ce blason est visible sur la façade de la maison de vie Olivier Métra située en centre ville.

 

 

 

L'EGLISE

 

L'église est consacrée à Saint Denis. Il semble que son édification se soit faite, comme celle d'ailleurs de nombreuses dans la région de la manière suivante : le prieur de Saint Leu détachait quelques-uns de ses moines qui venaient tracer l'implantation de la future église et aidaient les habitants à édifier une 1ère chapelle, parfois le chœur ; ensuite, nef, couverture, décoration se faisaient avec l'aide des plus adroits des paroissiens. La partie la plus ancienne de l'église est datée du 12ème siècle. A l'intérieur de l'église, sur un des piliers, des grappes de raisins témoignent de la culture des vignes dans notre village jusqu'au siècle dernier. Le vin produit n'était certainement pas d'une qualité exceptionnelle. Cet édifice est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historique depuis 1927, ainsi qu’une Vierge à l’Enfant, statue en pierre monolithe taillée et polychrome du 14ème siècle.

Un incendie endommagea le clocher au siècle dernier; celui-ci fut alors remplacé par un nouveau de style Napoléon III. Devenu dangereux, ce dernier fut à nouveau remplacé vers 1970.

Il a aussi existé un prieuré de la Madeleine. Cette chapelle fut démolie au 18ème siècle.

 

 

HISTORIQUE

L'agglomération est composée du bourg proprement dit dans la vallée de l'Esches et de 5 hameaux : le Ménillet, Courcelles, Hamecourt, Montagny la Poterie et Grainval. Ce dernier hameau n'est plus habité depuis une cinquantaine d'années.

 

Le territoire de Bornel, d'une superficie de 1248 hectares est situé sur le Thelle et le Vexin et bordé de 9 communes dont 3 du canton de Méru (Amblainville, Fosseuse et Anserville), 3 du canton de Neuilly en Thelle (Puiseux le Hauberger, Fresnoy en Thelle et Belle Eglise) et 3 communes du Val d'Oise (Hédouville, Frouville et Arronville).

Ethymologiquement, la racine de Bornel vient du latin "borda" la cabane en planches venant probablement elle même du haut allemand "bort" la petite ferme. Des appellations successives, nous retiendrons BORDERONNELLO (775, charte de Charlemagne), BOORNEL ou BOORNELLUM (1069 et 1195, cartulaires de l'abbaye St Martin de Pontoise), BORNELLUM (1280, Douet d'Arcq, recherches sur le Comté de Beaumont), BORNELLE (1786, plan d'intendance).

La région de Bornel est habitée depuis plusieurs siècles. Les récents travaux de l'autoroute A16 ont encore mis à jour des foyers de peuplement (fond de Lannois) et des ateliers de taille du silex.

Plus tard, la tribu belge des Bellovaques a colonisé notre région jusqu'à la forêt de Carnelle, mais nous étions en limite de territoire de 3 tribus : les Parisis, les Sylvanectes et les Véliocasses.

Le 16 mars 1962, une entreprise travaillant avec une pelleteuse met à jour deux sarcophages. Au pied de l'un des squelettes avait été déposé un vase rituel qui permit de les situer à l'époque mérovingienne. Ils sont maintenant exposés dans l'église de Bornel.

La première mention de Bornel est la confirmation de la possession du fief de Bornel à l'abbaye royale de Saint Denis faite par Pépin, Maire du Palais en 751 : "in pago cambiencence loco qui diciter Bornello" (dans la pays de Chambly un lieu appelé Bornel).

En 1102, une guerre féodale oppose Mathieu, Comte de Beaumont, au roi de France qui envoie son fils, le futur Louis VI Le Gros. Ce dernier assiège Mathieu et ses troupes réfugiés dans le château de Chambly. Un violent orage éclate une nuit. Les tentes brûlent. Les assiégeants sont mis en déroute. Louis perd  presque toute son armée dans la région de Chambly-Belle Eglise-Bornel.

La Guerre de 100 Ans survint ensuite. De cette époque subsistent des lieux dits: le Bois des Anglais, le Fond de Morpu ou encore la Vallée de Mort d'Hommes.

De 1331 à 1791, la population de Bornel reste sensiblement la même : 147 feux soit environ 500 habitants. Jusque la moitié du 19ème siècle, Bornel est essentiellement rural (céréales, vignes et élevage) mais il a existé jusque 6 moulins à eau. Au début du 17ème siècle, nous avons déjà un moulin à blé tenu par Jean Raflé et un moulin à huile tenu par François De Corbye.

Comme beaucoup de villages, Bornel ne fut pas épargné par la suette, maladie endémique dans les vallées humides. Une grosse épidémie fit rage en 1747. Alors que la moyenne des décès d'adultes est de 6 par année, on en dénombre 22 pour 1747 auxquels s'ajoutent les 17 décès d'enfants.

L'industrialisation de Bornel accroît rapidement la population qui passe de 582 habitants en 1831 à 944 en 1882. La ligne de chemin de fer Persan-Méruest inaugurée le 1er juillet 1875. Des usines s'implantent : l'usine Louyot, sur le site Halphen , en 1888 et l'usine Vermand en 1894. En 1904, Bornel compte 964 habitants, puis 1662 en 1935 pour atteindre 3300 aujourd'hui.


Le château du Ménillet est récent (milieu du 19ème siècle), mais il fut construit sur le domaine du Ménillet où il devait y avoir une demeure seigneuriale plus ancienne. Ce domaine du Ménillet a appartenu, entre autres, aux familles DE LA SENGLE, DE MONTMORENCY, DE BACHELIER, MALHERBE et LEQUESNE. Ce château serait construit sur les fondations d'une villa romaine.

Concernant le hameau d'Hamecourt, une légende veut que ce hameau ait été autrefois le siège d'une foire aux bœufs très importante. Le roi Louis XI (roi de 1461 à 1483) lui aurait octroyé cette foire de 3 jours. Une fête dont nous sommes plus certains est la fête de la Saint Jean, ancienne réjouissance rustique et champêtre. Elle brilla, dit-on, d'un vif éclat vers 1850-1875. C'était des chants, des danses en plein air avec copieuses libations de vins et de cidre du pays.

Toujours à Hamecourt, il existait une chapelle Saint Jean dépendant du prieuré d'Amblainville. Elle fut vendue à la Révolution et démolie. Ses pierres ont servi à la construction de différentes maisons. Une grange à dîmes subsiste encore de nos jours. Elle fut restaurée au 17ème siècle. Son origine est donc plus ancienne. Sur un côté est dessinée une chapelle. Symbolise-t-elle cette chapelle Saint Jean disparue ?

Le dernier loup de notre région fut tué pendant l'hiver 1869 par un berger près du bois de Fosseuse. Une des pattes antérieure resta accrochée sur la porte d'entrée de la ferme d'Hamecourt pendant de très nombreuses années.

Un dépouillement systématique des registres paroissiaux et d'état civil a été réalisé.

Les patronymes Bornellois les plus fréquents aux 17ème et 18ème siècle sont : AUBIN, BELHOMME, BENARD, BOITEL, BRICBECQUE, DUQUESNEL, LANGUEBIEN, LECONTE, NERON, MOULEUX, PREVOST et à un degré moindre BAZOIN, BELOISEAUX, BLANCHARD, BLOND, CAFFIN, CRESSON, DARRAS, DEAUBONNE, DELAFOSSE, DELARUE, DE TURMESNYES, GENTILLET, HADANCOURT, LAGABRIELLE, LEGRAND, LEFEVRE, LESBROUSSART, MAILLART, RAYE, ROCHARD et SENECHAL.

Jules Louis Olivier METRA, né à Reims le 2 juin 1830 et mort à Paris le 22 octobre 1889, compositeur français. Il se produisit dans divers théâtres parisiens comme violoniste, violoncelliste et contrebassiste. Il fut chef d'orchestre du théâtre Beaumarchais en 1885. Il écrivit des valses, des mazurkas, des polkas et des quadrilles. Chef d'orchestre des Folies Bergères de 1872 à 1877, il composa pour ce théâtre 18 opérettes et ballets - divertissements.

Intime avec M. Marquis, il venait souvent lui rendre visite à Chambly. Ces journées de campagne offraient à Olivier Métra un dérivatif à son surmenage intellectuel. Ces réceptions comprenaient des artistes en tous genres. A l'issue des déjeuners, M. Marquis emmenait ses invités dans la campagne environnante ou vers une chasse qu'il avait à Hamecourt. En 1863, après un bon déjeuner dans une maison de Courcelles, les chasseurs partirent battre la plaine. Olivier Métra préféra rester se reposer plutôt que d'aller chasser. Il écrivit une valse durant cet après midi et décida de l'appeler la "Valse des Roses" en souvenir des dernières roses de la saison 1863.

Toujours sur la place du centre ville se trouve la Fontaine "Sources d'Actions":
Œuvre de François LAVRAT, cette fontaine en acier inoxydable figure un hommage à l'ingéniosité de l'homme qui canalise la puissance des éléments naturels pour faire tourner de concert des engrenages aussi titanesques que celui de Bornel.


Pour terminer rappelons qu'Amélie MAURESMO tapa ses premières balles de tennis à Bornel. Inscrite au Tennis Club de Bornel à l'âge de 6 ans, elle fut détectée à l'âge de 8 ans par Patrick Simon. Elle intègre alors le TC Méru où elle est entraînée par Jean Pierre Deseille. Elle s'inscrit ensuite dans une section sport étude à Blois, puis sera pensionnaire du centre national d'entraînement de Roland Garros. Championne Junior en 1996, elle remporte Roland Garros et Wimbledon. Numéro un mondial en 2004 et 2006, elle a gagné 25 tournois en simple dans sa carrière dont deux titres du Grand Chelem en 2006 (Open d'Australie et Wimbledon).