UN PEU D'HISTOIRE SUR ANSERVILLE

 

Anserville et ses environs sous la révolution.

Notre commune comptait 91 feux ou foyers soit 349 habitants.

Jusqu’à cette époque, le territoire était divisé en bailliages et sénéchaussées, découpages qui permettaient la levée des impôts, le recrutement militaire et l’exercice de la justice. Dès 1789 on met en place les départements divisés en districts, eux-mêmes divisés en communes.

C’est sur ce même découpage que sont instituées les circonscriptions électorales des représentants aux États généraux que le Roi Louis XVI va convoquer.

En effet, la dégradation de la situation économique, les mauvaises récoltes dues à une météorologie catastrophique (inondations, gelée des terres de notre région), le poids de l’impôt difficilement supporté par les paysans engendrent une agitation politique incessante, le Roi décide alors la réunion des États Généraux en vue de collecter par la synthèse des Cahiers de Doléances les plaintes et vœux de « ses peuples ».

En vue de ceux du début mai 1789, on procède à l’élection des délégués qui siègeront à cette assemblée. Depuis le 27 décembre 1788 le nombre de délégués aux Tiers États (peuple) a été doublé et porté à 2,  le Clergé 1 et la Noblesse 1 par commune.

Soit à Anserville pour le :

 Tiers-États : François  LESBROUSSART— Claude LEFEVRE

 Clergé : Notre village dépendait du bailliage de Chaumont en  Vexin donc le curé de Chaumont

 Noblesse : Jean-Baptiste MICHEL, écuyer, seigneur d’Anserville, capitaine de cavalerie.

La question religieuse se pose aussi, et face à sa toute puissance l’Assemblée constituante de 1790 décrète que désormais les ecclésiastiques seront élus, recevront un traitement de l’État mais ils devront prêter publiquement un serment civique de fidélité à la Nation. Ceux qui refuseront seront considérés comme démissionnaires.

En réalité, la moitié du clergé paroissial refusera de prêter serment.

L’Église sera ainsi divisée en deux :

- les prêtres jureurs ou clergé constitutionnel

- les prêtres non jureurs ou clergé réfractaire.

Certains prêtres se sont pliés à la loi mais si l’on considère la durée de leur ministère en consultant les documents suivants, on peut supposer qu’ils ont dû payer de leur vie leur serment à la Nation.

Par ailleurs, les frontières sont menacées, l’instabilité politique et sociale est permanente, l’Angleterre et l’Autriche envisagent d’intervenir.

La jeune République proclamée le 21 septembre 1792 s’arme et se sent prête à repousser ses voisins menaçants après l’éclatante victoire de la Bataille de Valmy et de celles de Jemmapes.

Pour cela on lève des armées, on demande à la population de contribuer à l’effort de guerre en fournissant chevaux, cochons, foins, avoine, blé, nourriture pour les soldats, charrettes etc. 

Les paysans des environs sont largement sollicités.

Autre aspect de cette période de guerre on demande à la population de fournir du salpêtre (celui-là même que nous n’aimons pas trop voir apparaître sur nos vieux murs !) mais aussi des cendres.

En effet, les décrets de 1793 ordonnent à chacun de gratter les parois des grottes, sols et murs des bâtiments et caves, étables et écuries pour y extraire le salpêtre et porter la récolte à Beauvais.

Ces mêmes décrets ordonnent à la population d’apporter au centre de collecte de Beauvais des bottes de fougères, orties, ronces, genêts et autres épineux pour y être réduites en cendres.

Pourquoi faire ?

Le salpêtre (sel de pierre) riche en nitrate de potassium dont les Chinois avait découvert depuis l’Antiquité la remarquable propriété d’entretenir et d’activer la combustion entrait dans la fabrication des poudres à canon. Le chimiste Lavoisier (guillotiné par la suite) va développer les techniques de production de cette poudre.

Les cendres riches en potasse entraient aussi dans cette fabrication.

Une certaine forme de recyclage…